Anfa Memoria
Danse et poésie
2026
Ce que nous portons en nous ne se réduit pas à ce que nous connaissons de nos ascendants. Nous portons une histoire invisible, des marques et des traces transmises par le corps.
Note d'intention
Le projet naît de l'interrogation sur les marques et les traces invisibles que les membres d'une même famille peuvent laisser dans le corps les uns des autres. Ce que nous portons en nous ne se réduit pas à ce que nous connaissons ou croyons connaître de nos ascendants. Nous portons plus de chacun d'eux, nous portons une histoire invisible pleine de « bruit et de fureur »*.
Marques et traces portées par le corps de chacun d'eux se transmettent, se découvrent, s'inscrivent ou se cachent : corps contrarié, corps frustré, corps démoli, corps violé, corps sublimé, espéré, adulé. Inconsciemment transmis dans le cercle de la famille, cette mémoire du corps des autres, la plus visible devient invisible.
Comment le corps peut-il porter l'héritage d'une vie passée ? Comment rencontrer l'autre avec ses propres traces méconnues de nos histoires familiales ?
C'est au travers du langage poétique et du corps dansé que nous allons explorer cette mémoire qui permet ou empêche la rencontre de l'autre afin d'ouvrir un espace cathartique pour le public.
Marie Plantis & Théo De Bock
*W. Shakespeare, Macbeth (acte V, scène 5).
Résumé
Anfa Memoria est une recomposition. Marie va d'abord recomposer par l'écriture un corps perdu, humilié et échoué, celui de sa grand-mère, grâce à ses propres sensations, réminiscences, souvenirs physiques et à un travail de lecture-interprétation des photographies familiales de l'époque.
L'histoire de sa grand-mère s'inscrit dans un cadre spatio-temporel particulier, une enfance sous le Protectorat français du Maroc. Née française à Casablanca en 1931, arrivée pied-noir en 1967 à Firminy dans la Loire : une vie pleine de silences contrôlés. Corps tenu voire enfermé par les normes dues au contexte colonial, la fille de militaire français à la bonne éducation rencontre lors d'un bal le futur « petit mari ». Homme pervers et rustre qui dominera la totalité de son corps jusqu'à l'épuisement.
Marie, en ouvrant ses propres plaies, souhaite par ses mots donner une voix à cette histoire étrange au contexte historique encore alimenté de fantasmes et par là-même mettre en lumière les mécanismes pervers de la conquête.
Ce matériau d'écriture, partagé avec Théo, est la base de son travail chorégraphique. Les danseurs transposent cette histoire avec leur propre sensibilité pour lui redonner un corps charnel.
Ce spectacle d'écriture dansée s'engage sur la présence de la voix comme langage corporel à part entière. Le corps humain garde la mémoire vivante des évènements de l'existence, il doit être un pont entre les êtres et les cultures au lieu d'être un frein.
Résidence de création
Première étape de travail du 2 au 6 mars 2026 au Théâtre Jean-François Voguet, Fontenay-sous-Bois, avec le soutien de la ville de Fontenay-sous-Bois.
Distribution
- Chorégraphie & direction artistique
- Théo De Bock & Marie Plantis
- Texte
- Marie Plantis
- Interprétation
- Lilas Bordron, Théo De Bock, Marie Plantis